Coronavirus/Matières premières : les valeurs qui ont le plus souffert en Bourse

Avec la pandémie de Covid-19, nombre de matières premières ont vu leurs cours s’effondrer. Une conjoncture dévastatrice qui a mécaniquement touché les valeurs africaines liées aux « commodities ». Ressources revient sur les cinq sociétés cotées1 qui ont perdu le plus de valeur en bourse depuis le début de l’année. Un palmarès exclusivement… sud-africain, la place financière de Johannesburg continuant de dominer de la tête et des pieds ses pairs continentaux (80 % de la capitalisation boursière africaine).

1 Sont exclues de ce classement les entreprises étrangères qui font l’objet d’une cotation secondaire sur une place africaine (cas des groupes BHP Billiton, Glencore Xstrata…), de même que les sociétés tirant tout ou partie de leurs revenus en Afrique, mais uniquement cotées à l’étranger (cas de nombreuses juniors minières, actives sur le continent, mais listées à l’international).

1 – ANGLO AMERICAN

Né en Afrique du Sud au début du siècle précédent, le groupe minier Anglo American, très actif dans la pointe australe du continent, a vu sa valorisation boursière fondre comme neige au soleil depuis le début de l’année. Avec une action en baisse de 40 % et une contraction de plus de 10 milliards de dollars de sa capitalisation sur la période, l’entreprise est la société cotée africaine liée aux matières premières qui a le plus perdu – en valeur boursière absolue – depuis les débuts de la crise du coronavirus. Un record dont se seraient assurément passés les actionnaires de la société.

  • Perte en % depuis le début de l’année : -39,44 %
  • Capitalisation boursière perdue depuis le début de l’année :
    10,05 milliards de dollars
2 – ANGLO AMERICAN PLATINUM

Numéro un mondial du platine, le Sud-Africain Anglo American Platinum (Amplats) a, tout comme son actionnaire principal, Anglo American, particulièrement souffert du récent krach boursier qui a frappé les places financières internationales. Johannesburg, où est coté Amplats, ne fait pas exception. Et comme si cela ne suffisait pas, le groupe a dû, début mars, réduire ses perspectives de production 2020 pour cause de « force majeure », l’un de ses sites ayant été mis temporairement à l’arrêt après qu’une explosion accidentelle y soit survenue. Les investisseurs, pris de court, ont immédiatement sanctionné le titre. Résultat, depuis le début de l’année, l’action a perdu la moitié de sa valeur et la capitalisation boursière totale s’est évaporée de plus de 9 milliards de dollars.

  • Perte en % depuis le début de l’année : -53,26 %
  • Capitalisation boursière perdue depuis le début de l’année :
    9,17 milliards de dollars
3 – SASOL

Fleuron industriel historique de la Nation arc-en-ciel et pionnier dans la transformation de charbon et de gaz naturel en hydrocarbures liquides, le groupe pétrochimique Sasol (Suid Afrikaanse Steenkool en Olie, pour « Charbon et pétrole sud-africains », en afrikaans) a récemment reconnu qu’il planchait sur une « série d’actions susceptibles de renforcer son bilan », une « potentielle augmentation de capital » étant notamment à l’étude pour « gérer les engagements financiers à court terme ». Une annonce qui a immédiatement fait fuir les investisseurs. Avec un recul de près de 92 % depuis les débuts de la crise, le titre Sasol est – en pourcentage – celui qui a été le plus sanctionné de notre palmarès. Quant à la valorisation boursière de l’entreprise, elle a fondu de près de… 8 milliards de dollars. Une descente aux enfers sans précédent.

  • Perte en % depuis le début de l’année : -91,85 %
  • Capitalisation boursière perdue depuis le début de l’année :
    7,72 milliards de dollars
4 – IMPALA PLATINUM

À l’image d’Amplats, Impala Platinum – 3e plus grand producteur de platine au monde – a vu le cours de son titre dévisser dangereusement depuis janvier. De fait, dans le sillage de la crise économique consécutive à la pandémie de Covid-19, le prix du métal précieux qu’extrait l’entreprise est retombé à un niveau plus vu… depuis 2002. Une purge qui aura de facto de lourdes conséquences sur la profitabilité d’Impala. Anticipant ce développement négatif, les opérateurs de marché ont soldé massivement le titre à la bourse de Johannesburg, celui-ci ne s’échangeant plus qu’à 40 % de sa valeur de début d’année.

  • Perte en % depuis le début de l’année : -56,06 %
  • Capitalisation boursière perdue depuis le début de l’année :
    3,53 milliards de dollars
5 – KUMBA IRON ORE

Premier producteur africain de fer (40 millions de tonnes en 2019), le minier sud-africain Kumba Iron Ore a, malgré de solides résultats annuels 2019 (4,28 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 1,92 milliard de dollars de bénéfices), aussi souffert de la défiance généralisée des marchés. En baisse de près de 40 % depuis le début de l’année, l’action semble avoir déjà intégré la chute drastique de la demande chinoise, qui devrait se préciser au cours des prochains mois. En attendant de lever cette incertitude, c’est 3 milliards de dollars de valorisation qui se sont déjà envolés.

  • Perte en % depuis le début de l’année : -38,74 %
  • Capitalisation boursière perdue depuis le début de l’année :
    3,01 milliards de dollars

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