Réchauffement climatique : le cacao dans la ligne de mire (Partie 1)

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En cause, davantage que la chaleur elle-même, un contexte de stress hydrique amplifiant le phénomène d’évapotranspiration et menant à l’aridification progressive des sols, étant donné que la pluviométrie, projetée en légère diminution, ne pourra compenser les épisodes de sécheresse accentués par la hausse des températures. Sans compter que l’extension de la saison sèche et la baisse des précipitations favorisent la propagation des maladies de verger (dont le redoutable virus de la pousse de cacao gonflée, plus connu sous le nom de CSSV, Cocoa Swollen-Shoot Virus) et la pourriture des cabosses. Conjuguées à l’action des ravageurs, ces nuisances entraînent des pertes annuelles colossales, estimées par l’ICCO (Organisation internationale du cacao) à 30 à 40 % de la production globale et appelées à augmenter de concert avec les températures.


« Si la tendance actuelle se poursuit (déforestation massive, mauvaises pratiques agricoles, épuisement des sols…), d’ici 2050, les pays producteurs, notamment ceux d’Afrique de l’Ouest, devraient connaître une hausse de température de
2,1 °C entraînant une réduction drastique des zones propices à la culture du cacao. »



L’alternative évoquée par les chercheurs du CIAT et du GIEC consiste en une relocalisation des vergers en terrain montagneux, puisque sous l’effet du réchauffement climatique, l’altitude optimale pour la culture du cacao passera de 100-150 m à 450-500 m au-dessus du niveau de la mer. Soit la région des 18 Montagnes en Côte d’Ivoire, et la chaîne Atewa au sud-ouest du plateau de Kwahu au Ghana. Indépendamment du fait que cette option semble totalement inadaptée à la fragmentation de la production qui caractérise ces deux pays (maillage du territoire en milliers d’exploitations de type familial ne dépassant pas quelques hectares), elle se heurte, en Côte d’Ivoire comme au Ghana, à l’épineux problème de la pression foncière et à l’épuisement d’un stock de ressources naturelles déjà gravement entamé.

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