Banane : la Côte d’Ivoire confirme son statut de leader africain

La filière banane ivoirienne reste sur une note positive malgré la crise, conservant son rang de premier producteur africain.

Présent ce mois-ci à un atelier de renforcement des capacités de la stratégie nationale d’exportation (SNE), Fadiga Kaladji, le directeur du commerce extérieur au ministère ivoirien du Commerce, cité par l’agence AIP, a confirmé qu’en dépit de la pandémie du coronavirus, le pays d’Afrique de l’Ouest restait le premier producteur continental de banane et le septième mondial.  

De fait, bien que les chiffres définitifs des exportations de bananes ivoiriennes en 2020 n’aient pas encore été communiqués, les premières données partielles ont acté une progression  de l’offre ivoirienne sur le marché européen, au cours des 4 premiers mois de l’année.  Une réduction des commandes a ensuite été constatée, en raison de la paralysie du transport maritime liée aux mesures de confinement.

Un  « accident de parcours » qui, pour l’heure, ne remet pas en cause les bonnes performances de la filière banane ivoirienne. Cette dernière a vu sa production constamment croître au cours des dernières années : de 300 000 tonnes en 2015, la volumétrie a été portée à 450 000 tonnes en 2019, pour un chiffre d’affaires de  145 milliards de francs CFA (221 millions d’euros).  Mieux, « avec des volumes (d’exportation) supérieurs de 11 % aux moyennes, la Côte d’Ivoire a été capable de compenser le déficit chronique du Cameroun et le manque de fruits du Ghana », rappelle la revue spécialisée Fruitrop du CIRAD.  

Seule ombre au tableau : la concurrence latino-américaine (Équateur, Costa-Rica, Colombie, Guatemala, Honduras, Panama…), de plus en plus frontale sur le marché européen, le principal débouché de la filière banane ivoirienne (80 % des volumes écoulés le sont dans l’UE). En cause, des prix de vente imbattables, sur lesquels les producteurs ivoiriens (et africains plus généralement) ont le plus grand mal à s’aligner. En 2020, le kilogramme de banane ivoirien se négociait ainsi aux environs de 650 francs CFA (environ 1 euro) tandis que la banane en provenance d’Équateur coûtait moitié moins. Une véritable menace pour une filière qui contribue à 3% du PIB ivoirien et fait vivre près de 45000 personnes dont près de 10 000 emplois directs.