Malgré la chute des cours mondiaux, la Côte d’Ivoire maintient le prix bord champ du cacao à 825 FCFA le kilo

Alors que la campagne intermédiaire de commercialisation du cacao 2019-2020 s’ouvre dans un contexte de crise sanitaire mondiale et de forte dépréciation des cours des matières premières – le cacao a perdu environ 300 livres par tonne sur les marchés internationaux – Yves Brahima Koné, directeur général du Conseil café-cacao (l’organe de régulation de la filière cacao en Côte d’Ivoire) a annoncé ce mardi que le prix bord champ de la « petite traite » serait maintenu à 825 francs CFA le kilo. Un tarif jugé « irréaliste » par les experts, et intenable sans une subvention conséquente.

Mardi 31 mars, au cours d’une conférence tenue à la Caistab au Plateau, Yves Brahima Koné a annoncé que le prix bord-champ des fèves de cacao serait maintenu à 825 francs CFA le kilo, saluant l’effort des autorités pour ne pas impacter le revenu des paysans en maintenant le prix du kilo d’or brun, qui demeure donc inchangé par rapport à la campagne principale achevée le 31 mars (pour rappel, le pays effectue deux récoltes par an : la principale, d’octobre à mars, et l’intermédiaire, d’avril à août ; habituellement, le prix d’achat pour la saison intermédiaire se situe en dessous de celui de la campagne principale en raison de la décote qui découle du rétrécissement des fèves occasionné par la sécheresse en cette période), et en hausse par rapport à la campagne intermédiaire 2018-2019, où il avait été fixé à 750 francs CFA le kilo.

Comme l’a expliqué le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Kobenan Kouassi Adjoumani au cours de cette même conférence, si l’on s’en tient à la baisse des cours mondiaux induite par la pandémie de coronavirus, « le prix bord-champ pour la campagne intermédiaire [aurait normalement dû être] de 625 francs CFA le kilo ». Bien que son montant exact n’ait pas encore été révélé, le gouvernement devrait donc apporter une subvention de plusieurs milliards de francs CFA pour permettre aux exportateurs d’acheter les fèves au prix bord-champ fixé. Selon les analystes, la récolte ivoirienne de cette deuxième partie de la campagne (du 1er avril au 30 septembre) devrait s’élever à 400-500 000 tonnes. La campagne principale ayant pris fin avec environ 93 % des contrats exécutés par les opérateurs, la récolte à fin mars devrait atteindre 1, 780 million de tonnes, en hausse par rapport au 1, 656 million de tonnes de 2019.