Matières premières : Les 5 Premiers hubs africains

De même que New York et Londres sont les capitales mondiales de la finance, de même l’Afrique dispose de pôles urbains qui commandent les chaînes de valeur liées aux ressources naturelles (hydrocarbures, mines, agriculture). Partenaire éditorial de Ressources, le site CEO Afrique dévoile ici les 5 principaux hubs qui structurent le commerce des matières premières du continent.
Enjeu : Déterminer les 5 pôles urbains africainsles plus attractifs et les plus dynamiques au niveau du commerce des matières premières

Première agglomération francophone d’Afrique de l’Ouest, Abidjan (5 millions d’habitants) est le cœur économique de la Côte d’Ivoire, avec une myriade d’activités liées aux matières premières. L’industrie textile y est notamment présente avec le conditionnement du coton venu du nord du pays, de même que la pétrochimie – qui traite la production issue des puits de pétrole offshore situés au large de la côte – et l’industrie du bois, qui parvient par voie fluviale depuis les forêts de l’hinterland. Mais c’est surtout l’industrie agroalimentaire qui domine le tissu économique de la ville : huile de palme, transformation de l’hévéa issu des plantations de l’Ouest, torréfaction du café robusta et surtout, traitement du cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. Abidjan est par ailleurs le premier port thonier ouest-africain. Autant d’atouts pour un pays qui compte désormais parmi les plus réformateurs au monde, selon le rapport Doing Business de la Banque mondiale. Résultat, l’amélioration du climat des affaires a rendu possible la multiplication des investissements depuis la fin de la crise ivoirienne de 2010-2011, en particulier dans les secteurs précités.

Mégapole tentaculaire de près de 20 millions d’habitants, la ville du Caire est à la croisée des mondes, à cheval entre l’Orient et l’Occident, le monde méditerranéen et l’Afrique. Une position propice à l’installation d’importants pôles d’activités liés aux matières premières – sidérurgie, textile, agroalimentaire, pétrochimie – et encore renforcée par son rôle de capitale du pays le plus peuplé du monde arabe, l’Égypte (100 millions d’habitants). De fait, le pays des Pharaons achète, via son hub cairote, près de 8 millions de tonnes de blé chaque année, ce qui fait de l’Égypte le premier importateur mondial de cette céréale. Quant au secteur des hydrocarbures, la découverte en 2015 du mégagisement de gaz naturel de Zohr par l’italien ENI, a donné au pouvoir égyptien et aux opérateurs privés cairotes de nouvelles ambitions énergétiques. Autant d’acteurs qui pourront compter sur le large vivier de talents présent dans la ville et sur un dense maillage de structures d’appui. La proximité géographique du Caire avec les États du Golfe confère également des potentialités quasi illimitées de financement pour les opérateurs souhaitant lancer ou développer leur activité.

Premier centre urbain du continent, Lagos (21 millions d’habitants) est la ville de tous les superlatifs. Avec 4 milliardaires et 6 800 millionnaires en dollars recensés selon les parutions spécialisées Forbes et Africa Wealth Report, la mégapole a vu fleurir de véritables empires des affaires, plusieurs d’entre eux étant directement associés à l’univers des « commodities » : ciment et agroalimentaire (Aliko Dangote), pétrole (Mike Adenuga, Folorunsho Alakija…), agriculture (Abdul Samad Rabiu). Une floraison de réussites entrepreneuriales qui ne doit rien au hasard : avec une production de pétrole brut de 1,7 million de barils par jour et un marché de 200 millions de consommateurs potentiels, le Nigeria est tout à la fois le premier producteur d’or noir du continent et sa première puissance économique. Un « poids » qui profite à plein à Lagos, la ville concentrant une grande partie de l’activité économique du pays, notamment celle qui a trait au négoce du pétrole (20 % du PIB et 90 % des sources de devises du Nigeria) transitant par son port, le premier hub logistique du pays. Seul bémol, les pénuries chroniques de courant et le contexte sécuritaire très fragile, qui sont autant de freins quotidiens à l’activité économique.

Surnommée « Mother City (la cité mère) », le Cap est la ville la plus australe du continent africain et le centre économique de la province du Cap-Occidental, une région mondialement connue pour ses vignobles, qui sont les premiers d’Afrique par la production. De fait, l’agro-industrie y est très bien implantée tandis que sa position de carrefour du Cap, point de passage obligé entre les océans Atlantique et Indien, en fait une zone propice à la pêche industrielle ainsi qu’à tous les services associés de transport et logistique portuaires. La municipalité est par ailleurs l’une des plus en pointe du continent en ce qui concerne l’éclosion des start-up, la qualité et le dynamisme de l’écosystème local reposant tant sur une solide offre de formations prestigieuses (University of Cape Town) que sur un nombre impressionnant d’incubateurs et d’accélérateurs (88mph, Techstars, Injini, MEST Incubator Cape Town …). Parmi ces « success stories », plusieurs jeunes entreprises œuvrent dans des filières liées aux ressources naturelles, à l’image d’Aerobotics (analyse des cultures agricoles par drones et images satellites) et de GreenFingers Mobile (plateforme de gestion d’exploitations agricoles).

Fondée en 1886, au moment de la ruée vers l’or au Transvaal, l’agglomération de Johannesburg (12 millions d’habitants) est le premier centre économique et financier du continent. Une prééminence qui doit beaucoup aux matières premières – industrie minière en tête – et qui a permis par extension le développement d’un très prospère secteur financier, le plus puissant d’Afrique. L’extraction minière ne représente plus aujourd’hui qu’une fraction du PIB de la région de Johannesburg, mais la ville n’en continue pas moins de disposer de l’un des écosystèmes entrepreneuriaux les plus solides et diversifiés du continent, celui-ci accueillant la plus forte concentration de grosses fortunes africaines avec près de 20 000 High Net Worth Individuals recensés (HNWIs)1, ces personnes qui se trouvent à la tête d’actifs équivalant à au moins 1 million de dollars US, sans compter leur résidence principale et les biens de consommation. Les opérateurs peuvent de fait compter sur un très vaste réseau d’organismes de développement économique, de chefs d’entreprises, de business angels et de fonds d’investissement, qui offrent toute une gamme de prestations et de ressources auxquelles les entrepreneurs peuvent faire appel. Autant de bonnes raisons expliquant le dynamisme sans pareil de la Johannesburg et le fait que la place de premier hub africain des matières premières lui ait été accordée.

1 Ou personne à valeur nette élevée. Terme utilisé par certains segments de l’industrie des services financiers pour désigner les personnes dont la richesse investissable dépasse un montant donné.

Cet article est partiellement tiré du palmarès des « 25 villes meilleures d’Afrique où il fait bon de lancer sa start-up », établi par CEO Afrique et plus centré sur la thématique de l’entrepreneuriat. Lire ici l’article original sur CEO Afrique.