De Brèves

Zambie : First Quantum Minerals lance une procédure d’arbitrage contre l’entreprise publique ZCCM-IH

La compagnie minière canadienne First Quantum Minerals a entamé une procédure d’arbitrage contre la société publique zambienne Zambia Consolidated Copper Mines-Investments Holdings (ZCCM-IH), a-t-on appris ce vendredi 13 décembre. Au cœur du litige, un différend relatif à un transfert d’argent effectué par la firme Kansanshi Mining, l’opérateur qui exploite la mine de cuivre de Kansanshi, à sa société mère, Kansanshi Holdings – le véhicule d’investissement par lequel First Quantum détient sa participation majoritaire (80 %) dans Kansanshi Mining. Aucun détail n’a cependant été divulgué sur le montant du transfert d’argent ni sur la date de la transaction. La procédure lancée fait suite à une plainte pénale déposée fin octobre par ZCCM-IH, l’entreprise zambienne ne contestant pas tant la validité de l’opération que les détails de son exécution (le calcul du taux d’intérêt versé notamment). La mine de Kansanshi est le principal site opéré par First Quantum en Zambie.

Libye : Total et la NOC s’allient pour la mise en production de six concessions pétrolières

Le groupe Total et la National Oil Corporation (NOC), la compagnie pétrolière nationale libyenne, ont signé ce mardi un accord portant sur la mise en œuvre de la participation de la major française dans six concessions du permis d’exploitation Waha, situé dans le bassin de Syrte (Nord-est du pays). La convention conclue fait suite à l’acquisition par Total de Marathon Oil Libya, le 1er mars 2018. Une opération qui a conféré de facto au pétrolier européen une participation de 16,33 % dans les concessions susmentionnées, la production de celles-ci étant d’environ 350 000 barils/jour. Selon les termes de l’accord, Total versera un montant de 70 millions de dollars dans un premier temps, suivi ensuite de 60 millions de dollars pour la mise en production de deux champs, North Gialo et NC 98. La NOC (59,18%), Total (16,33%), ConocoPhillips (16,33%) et Hess (8,16%) sont conjointement propriétaires des concessions, tandis que la Waha Oil Company, une entité détenue à 100 % par la NOC, est l’opérateur attitré.

Les exportations africaines décidément bien « primaires » selon la CNUCED

Publié mardi, le Manuel 2019 des statistiques (Handbook of Statistics 2019) de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) confirme la décélération de la croissance économique mondiale. Selon les équipes de l’agence onusienne, les échanges internationaux de marchandises devraient ainsi baisser de 2,4% en 2019 pour s’établir à 19 000 milliards de dollars, après des années de progression soutenue. L’analyse des données souligne également le poids prépondérant des produits primaires dans les exportations africaines : en 2018, les trois-quarts des ventes à l’étranger du continent (487 milliards de dollars) ont porté sur cette classe de produits, dont 43% en combustibles (pétrole, gaz, charbon…). Quant aux produits agricoles bruts, la CNUCED relève que 56% des exportations africaines vont vers les pays d’Asie et d’Océanie et 32% vers les économies développées.

Le sucrier Tongaat Hulett publie (enfin) ses résultats financiers 2018 révisés

Attendue depuis des mois, la publication des états financiers révisés de 2018 du groupe agro-industriel sud-africain Tongaat Hulett a été faite ce mardi 10 décembre, après qu’un scandale comptable a été mis à jour en début d’année. Suite au retraitement des données, les dépréciations ont finalement été portées à 11,9 milliards de rands (802 millions de dollars) contre 3,5 à 4,5 milliards (233 à 300 millions de dollars) de rands initialement annoncé. Des chiffres qui ne sont pas sans conséquences sur la marche des affaires de l’entreprise : outre la vente annoncée d’actifs et la réduction des effectifs, la société a indiqué qu’elle approchera les actionnaires pour lever 4 milliards de rands de capitaux propres additionnels. L’entreprise, qui opère dans six pays d’Afrique australe et transforme notamment la canne à sucre et le maïs, avait reconnu fin mai l’existence de « pratiques [comptables] antérieures préoccupantes » et indiqué que ses états financiers pour l’exercice 2018 seraient révisés en conséquence.

Plombé par ses activités au Ghana, le britannique Tullow Oil s’effondre en bourse

Pour la compagnie pétrolière britannique Tullow Oil, active notamment dans sept pays africains, ce 9 décembre restera comme un lundi noir. En cause : l’annonce faite dans la matinée que « la production des principaux actifs du groupe- les champs offshores ghanéens de Tweneboa, Enyenra, Ntomme et Jubilee, ndlr- a été significativement inférieure aux attentes ». Selon les informations communiquées par la direction de l’entreprise, cette baisse de régime serait due à une série de problèmes d’exploitation ayant affecté les activités du pétrolier au Ghana, en particulier sur son principal champ Jubilee. La firme a également reconnu avoir subi une série de revers au cours des derniers mois sur ses autres projets africains (en Ouganda et au Kenya), ainsi que dans ses plans de développement en Guyane. Pris de court, les marchés ont immédiatement réagi : à la bourse de Londres, où la société est cotée, le cours était en chute libre de 69 % en fin d’après-midi. L’entreprise a par ailleurs annoncé dans la foulée la suspension de son dividende et la démission « avec effet immédiat » de son PDG, Paul McDade et de son directeur de l’exploration, Angus McCoss.

La Côte d’Ivoire confirme son autosuffisance alimentaire

À l’occasion de la cérémonie de présentation des bilans alimentaires de la Côte d’Ivoire, qui s’est tenue ce jeudi 5 décembre 2019 à Abidjan, le ministère ivoirien de l’Agriculture a fait part, dans un rapport publié pour la circonstance, d’un taux d’autosuffisance alimentaire de 105% au cours de la période 2014-2017. L’étude précitée précise par ailleurs que 14 produits primaires et leurs dérivés participent à plus de 90% de la quantité totale des disponibilités alimentaires du pays, les principaux étant l’igname (158 kg/pers/an), le manioc (117 kg/ pers/an), le riz blanc (109 kg/pers/an) et la banane plantain (55 kg/pers/an). Autre point mentionné, la relative stabilité des disponibilités alimentaires d’une année à l’autre. Les données du ministère relèvent ainsi que les disponibilités calorifiques moyennes par personne par jour sur la période 2014-2017 sont estimées à 2565 kilocalories (Kcal) avec un minimum de 2548 Kcal en 2014 et un maximum de 2595 kcal en 2017.

Plus de la moitié des ingrédients composant les produits Barry Callebaut sont désormais durables

Le n° 1 mondial des produits chocolatés l’a annoncé ce mercredi : 51 % des ingrédients qu’il utilise pour fabriquer ses confiseries sont issus d’un approvisionnement durable. Ainsi, pour l’année fiscale 2018/2019, le groupe a acheté 47 % de son cacao et 54 % de ses autres ingrédients de sources qualifiées durables. Cette avancée significative, relayée dans la 3e édition du rapport annuel « Forever Chocolate Progress », augure de bonnes perspectives pour le géant suisse. Selon son PDG Antoine de Saint-Afrique, à ce rythme, Barry Callebaut « est sur la bonne voie pour obtenir un chocolat 100 % durable d’ici 2025 ». Parmi les autres progrès enregistrés dans le cadre du plan d’action « Forever Chocolate », lancé en 2016 par le fabricant : une réduction de 6,7 % de son empreinte carbone ; la redistribution de 2,5 millions d’arbres d’ombrage et semences de cacaoyers ; la régénération de 3 800 ha de forêts ; la cartographie et le recensement des planteurs de près de 180 000 fermes, et l’encadrement de 49 909 agriculteurs (initiation aux bonnes pratiques agricoles, fourniture d’intrants, semis et/ou d’outils, financements, etc.). Enfin, 26 % des groupes de fermiers auprès desquels Barry Callebaut s’est approvisionné en cacao en 2018/19 ont mis en place des programmes de lutte contre le travail des enfants, soit le double par rapport à la campagne précédente.

Alger bloque la reprise d’Anadarko par Total

Annoncée début mai, la reprise des actifs pétroliers et gaziers africains d’Anadarko par le français Total ne passe décidément pas en Algérie. Dans un communiqué publié ce mercredi 4 décembre, le ministère algérien de l’Energie a annoncé que la compagnie publique Sonatrach va bloquer le projet d’acquisition par Total des actifs d’Anadarko dans le pays, l’opération étant « incompatible » avec la réglementation en vigueur, selon Alger. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, avait pour sa part prévenu dès le 26 mai que le droit de préemption de l’État pourrait être utilisé pour défendre les intérêts nationaux. C’est désormais chose faite puisque la note précitée précise que « Sonatrach exercera son droit [de préemption]sur les intérêts détenus par Anadarko en Algérie ». La production d’Anadarko représente environ un quart de million de barils par jour, soit 25 % de la production nationale de brut du pays.

Le Nigeria vise 4 milliards de dollars de revenus non pétroliers en 2020

Déterminées à être moins dépendantes des revenus pétroliers, qui représentent 95 % de leurs exportations, les autorités nigérianes précisent au fur et à mesure leurs intentions. Présent ce week-end à un événement organisé par le Chartered Institute of Bankers of Nigeria, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Godwin Emefiele, a indiqué son intention d’adopter une série de mesures pour atteindre l’objectif de 4 milliards de dollars de revenus non pétroliers en 2020, le double des estimations de revenus d’exportations non pétrolières pour l’année en cours. « En collaboration avec la Nigerian Export Import Bank, nous nous efforcerons d’améliorer l’accès à la facilité de 500 milliards de nairas (1,4 milliard de dollars) destinée à soutenir la croissance des exportations non pétrolières du Nigeria », a précisé notamment le dirigeant de l’institution financière, cité par les médias locaux.

Ouganda : Tullow Oil pourrait enfin finaliser la cession de ses parts dans le projet Tilenga

Les autorités ougandaises ont annoncé ce lundi 2 décembre avoir conclu un accord avec les sociétés pétrolières Tullow Oil, Total et Cnooc sur un différend fiscal en souffrance depuis près de trois ans, ouvrant ainsi la voie à la cession par le britannique d’une majorité de sa participation de 33 % dans son projet pétrolier de Tilenga aux deux autres sociétés. L’information n’a pour l’heure pas été confirmée par les entreprises concernées. Les négociations avaient achoppé une première fois fin août, les parties prenantes ne s’entendant pas sur la question du transfert de crédits d’impôt aux acheteurs (Total et Cnooc). Total et Cnooc sont déjà partenaires du projet Tilenga, situé à proximité du lac Albert – chacun en détenant un tiers – mais les deux sociétés cherchaient depuis 2017 à augmenter leur participation respective à 44% via l’accord de cession avec Tullow, qui une fois la transaction conclue, possédera un peu plus de 11 % des parts du projet.

Tanzanie : Edenville Energy dans une posture financière délicate

La société britannique Edenville Energy, spécialisée dans la production de charbon, a annoncé ce vendredi 29 novembre des retards opérationnels dans le développement de son projet minier de Rukwa, un bassin houiller situé dans le sud-ouest de la Tanzanie. Des contretemps qui seraient dus, selon la direction de l’entreprise, à des contraintes de fonds de roulement et au début de la saison des pluies dans la région, où Edenville opère. Pour satisfaire ses besoins immédiats de trésorerie, l’entreprise a indiqué avoir conclu un accord avec un prêteur privé afin de garantir un emprunt non convertible de 100 000 livres sterling (129 000 dollars), qui doit être remboursé avant le 25 février. Edenville a toutefois précisé que cet arrangement financier ne serait pas suffisant pour sécuriser l’ensemble des besoins relatifs à la réalisation du projet Rukwa, ni pour continuer à rembourser ses précédentes dettes contractées. Une situation inquiétante qui a provoqué la défiance immédiate des investisseurs : à la bourse de Londres, où la société est cotée, l’action cédait plus de 30 % en séance.

Hydrocarbures : Shell se désengage totalement du Gabon au profit du Chinois Cnooc International

La nouvelle a été officialisée dans la foulée de la signature, ce mardi, de deux avenants aux CEPP (Contrats d’exploration et de partage de production) qui liaient précédemment l’État gabonais au géant anglo-néerlandais et Cnooc Africa Holding, filiale de Cnooc International et partenaire de Shell Offshore Central avec une participation de 25 % dans une joint-venture exploitant les blocs BC 9 et BCD 10, situés au large de Port-Gentil, pour produire du gaz et de l’huile. Ces derniers représentaient les ultimes intérêts locaux de Royal Dutch Shell après la vente en 2017 de ses actifs dans l’onshore gabonais (5 champs et des participations dans quatre autres champs non opérés directement) au Britannique Assala Energy pour un montant de 587 millions de dollars. Le ministre gabonais des Mines, du Pétrole, des Hydrocarbures et du Gaz, Noël Mboumba, attribue cet heureux dénouement – qui couronne près de 3 ans de négociations avec la société chinoise – à l’attractivité du nouveau Code des hydrocarbures. De son côté, le patron de Cnooc Africa Holding, Chick Vitalis, a fait savoir que son entreprise envisageait d’investir 30 millions de dollars pour développer ces gisements. Avec la reprise de ces deux CEPP, d’une superficie globale de 13 549,60 km2, Cnooc, troisième société nationale pétrolière chinoise, devient leader en matière d’exploration en zone offshore profond et très profond au Gabon. En 2014, Shell Offshore Central et Cnooc Africa Holding avaient annoncé une importante découverte de gaz en eau profonde dans le bloc BCD 10 à la suite du forage et de l’évaluation du puits Leopard-1, situé à environ 145 kilomètres au large des côtes gabonaises. L’évaluation du bloc se poursuit par l’acquisition de données sismiques.

Ghana : vers un bannissement des importations de riz en 2022 ?

C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Kennedy Osei Nyarko, en marge d’une visite dans la région de la Volta – principale productrice de la céréale – sans fournir plus de détails sur les plans de l’exécutif. De fait, avec un rendement d’environ 450 000 tonnes/an, le Ghana ne couvre que 40 % de ses besoins en riz. Or, la demande ne cesse de croître (d’après le Département américain de l’agriculture, la consommation annuelle par tête devrait atteindre 40 kg en 2020, contre 35 actuellement) et les consommateurs urbains préfèrent de loin le riz importé. Une situation préjudiciable aux petits producteurs, confrontés au double problème des débouchés et du stockage. C’est le média Citi FM qui a alerté sur cet état de fait, via un reportage suivi de la campagne « Buy Ghana Rice », incitant à acheter le riz produit localement. Dans la foulée d’une réunion qu’ils ont eue ce mercredi avec le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, les 20 principaux importateurs de riz se sont d’ores et déjà engagés à s’approvisionner localement. De son côté, le secrétaire exécutif de l’Association des importateurs et exportateurs du Ghana, Sampson Asaki Awingobit, a prévenu que l’arrêt total des importations à si court terme pourrait faire plus de mal que de bien, et même déboucher sur une pénurie si jamais le gouvernement ne parvient pas à stimuler suffisamment la production locale d’ici là. Affaire à suivre, donc…

AfricaRice reçoit le Prix Al-Sumait pour le développement africain

Le conseil d’administration du Prix Al-Sumait a révélé ce lundi les deux lauréats de son édition 2019, primés pour leur travail exemplaire en matière de développement agricole sur le continent africain. Le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), basé en Côte d’Ivoire, a ainsi reçu – conjointement avec la Pan Africa Bean Research Alliance/PABRA, basée à Nairobi – la prestigieuse récompense de 1 million de dollars « pour son rôle important dans le renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique, notamment à travers la production de nouvelles variétés de riz, dont un riz enrichi en vitamine A à haut rendement et résistant au climat ». Le prix Al-Sumait, décerné chaque année depuis 2013 dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé et de l’éducation, honore des personnes ou des organisations contribuant au progrès économique et social du continent africain ainsi qu’au développement des ressources humaines et des infrastructures. Le Centre du riz pour l’Afrique, organisme de recherche panafricain œuvrant à l’amélioration des moyens de subsistance en Afrique, a été créé en 1971 par 11 pays membres. Il en compte aujourd’hui 27, couvrant l’Afrique de l’Est, du Nord, l’Afrique centrale et l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

SARA 2019 : un cru d’exception

La 5e édition du Salon ivoirien de l’agriculture et des ressources animales s’est ouvert vendredi pour 10 jours sous le thème « Agriculture intelligente et innovations technologiques, quelles perspectives pour l’agriculture africaine ? ». Les chiffres du cru 2019 font état de plus de 300 000 visiteurs attendus, au moins 6 585 professionnels enregistrés, et quelque 18 000 m2 de surface d’exposition totale. Particularité de cette édition : pour la première fois, un pays non africain est à l’honneur. En l’occurrence la France, dont 5 régions sont représentées (Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Hauts-de-France et Nouvelle-Aquitaine) avec 63 exposants sur 450 m2 et 30 représentants d’entreprises en prospection. Parmi les autres pays non africains disposant d’une belle visibilité : les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Espagne et, côté continental, le Maroc, le Sénégal, le Mali et le Tchad. Au rang des sujets abordés et discutés, la feuille de route de ce 5e SARA accorde une place de choix à l’inclusion financière des paysans et la réduction de la fracture numérique en milieu rural, aux enjeux environnementaux, ou encore à la possibilité de rapprochements stratégiques par filière avec des pays partenaires, sur le modèle de l’OPEP ivoiro-ghanéenne du cacao. Tout un programme, à retrouver en détail sur www.sara.ci

Nigeria : Un protagoniste de l’affaire « Malabu » arrêté à Dubaï.

L’ancien procureur général du Nigeria, Mohammed Adoke, a été arrêté à Dubaï, a annoncé jeudi 21 novembre son avocat. Cette arrestation intervient sept mois après que la Commission des crimes économiques et financiers du Nigeria (EFCC)- l’agence anti-corruption du pays- ait lancé des mandats d’arrêt à l’encontre d’Adoke et de l’ancien ministre du pétrole de feu Sani Abacha, Dan Etete, dans le cadre d’une enquête sur l’un des plus importants scandales de corruption présumés de l’histoire du pays, l’affaire dite de « Malabu ». Selon les autorités nigérianes, qui ont procédé aux investigations, les majors Eni et Shell auraient distribué des pots-de-vin pour l’achat en 2011 du bloc pétrolier offshore OPL245, pour 1,3 milliard de dollars, et ce avec la complicité de Mohammed Adoke, alors ministre de la Justice du gouvernement de Goodluck Jonathan. Le bloc OPL 245 était détenu par la société nigériane Malabu Oil and Gas, dont Dan Etete était le principal actionnaire.

Le Sénégal prépare sa transition énergétique

Avec la multiplication des découvertes d’hydrocarbures depuis 2014, le Sénégal devrait progressivement convertir ses centrales au charbon et au mazout à la production de gaz dans les prochaines années, a déclaré ce jeudi 21 novembre le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Mouhamadou Makhtar Cissé. Présent au 24ème Sommet international du gaz et de l’électricité, qui s’est tenu aujourd’hui à Paris, le responsable politique sénégalais a expliqué que le pays de la Teranga importerait dans un premier temps du gaz naturel liquéfié (GNL) avant que la production de gaz nationale ne prenne le relais, à l’horizon 2022. Deux grands gisements offshore sont en cours de développement, le champ SNE, exploité par l’australien Woodside Energy et le projet Grand Tortue Ahmeyim, developpé par le britannique BP. Le ministre a par ailleurs annoncé que le Sénégal était en pourparlers avec ses partenaires pour lever environ 2 milliards de dollars afin de financer sa participation dans le développement des projets pétroliers et gaziers actuels.

La Sonatrach continuera de vendre son gaz au français Engie

La Sonatrach a annoncé mardi avoir renouvelé ses contrats d’exportation de gaz avec le groupe français Engie. Dans son communiqué, l’entreprise publique pétrolière et gazière algérienne a indiqué qu’il s’agissait d’accords à moyen et long termes, et relatifs à la livraison de gaz naturel brut et de gaz naturel liquéfié (GNL). « À travers ces accords, les deux parties confirment et consolident leur partenariat de long terme. Sonatrach livrera des volumes de gaz naturel sous forme de gaz gazeux en entrée du gazoduc Trans-méditerranéen, ainsi que du gaz naturel liquéfié (GNL) notamment au terminal méthanier de Fos Tonkin, situé en France », précise la note précitée. À noter que l’annonce intervient quelques jours après la nomination de Kamel Eddine Chikhi au poste de directeur général du groupe pétrolier algérien. Les ventes d’hydrocarbures représentent une source essentielle de revenus pour l’Algérie (70 % du budget étatique), mais elles sont en baisse depuis la chute des prix du pétrole en 2014.

Coton : la Côte d’Ivoire s’attend à une campagne 2019/2020 record

La production cotonnière ivoirienne devrait atteindre un niveau record de 510 000 tonnes pour la campagne 2019/2020, contre 468 000 tonnes lors de la saison précédente, a annoncé ce mercredi l’association des égreneurs ivoiriens. Un niveau qui conforte la place du pays au rang de quatrième producteur ouest-africain, derrière le Mali (729 000 tonnes), le Burkina Faso (612 000) et Bénin (598 000). Cité par l’agence Reuters, Christophe N’Dri, secrétaire exécutif de l’association, a expliqué cette bonne performance par le fait que « les pluies [avaient] été bonnes pendant les semailles » et que « les agriculteurs [avaient] reçu les intrants dont ils avaient besoin ». De quoi conforter les autorités ivoiriennes dans leur ambition de viser une production annuelle de 600 000 tonnes dès 2020. La campagne cotonnière dans ce pays d’Afrique de l’Ouest s’étend de mai à avril, avec des semis d’avril à juin et des récoltes d’octobre à janvier. L’égrenage et la commercialisation ont lieu de novembre à avril.

Guinée : Sycamore Mining reprend la mine d’or de Kiniero

À l’arrêt depuis 2012, la mine d’or guinéenne de Kiniero pourrait prochainement redémarrer ses opérations. Le ministère des Mines et de la Géologie a signé ce mardi 19 novembre un accord-cadre avec la société Sycamore Mining, qui a fait part de son intention de réaménager le site, situé dans l’est du pays, pour un investissement de 35 millions de dollars. Sycamore et trois autres entreprises minières avaient lancé une offre de rachat pour la mine, qui n’était plus en production depuis que l’opérateur canadien Semafo s’en était désengagé. Selon les détails de l’accord, Sycamore créera une filiale locale pour mener une étude de faisabilité dans les 180 jours, à la suite de quoi le gouvernement accordera une licence d’exploitation.

Kenya : la production de thé fléchit

La production de thé au Kenya a atteint 316 800 tonnes au cours des neuf premiers mois de l’année, en baisse de 8,5 % par rapport à la même période de l’année précédente, a rapporté ce mardi le Tea Directorate, le régulateur kényan de la filière. Un fléchissement de production causé notamment par des conditions climatiques défavorables mais qui n’a pour l’heure eu aucune incidence sur le cours moyen du thé. Selon l’East African Tea Trade Association (EATTA), l’organisation faîtière représentant les intérêts de la filière dans la sous-région, le prix moyen du thé lors de la vente aux enchères hebdomadaire dans la ville portuaire de Mombasa a glissé à 2,19 dollars le kilo au cours de la période, contre 2,65 dollars lors de la même période l’an dernier.

L’OCP construira une usine d’engrais au Nigeria d’ici fin 2023

L’Office chérifien des phosphates (OCP) prévoit de mettre en service une usine d’ammoniac au Nigeria d’ici fin 2023, a annoncé en fin de semaine dernière Mohammed Hettiti, directeur d’OCP Nigeria, en marge d’une conférence à Rabat. Estimée à 1,3 milliard de dollars, avec une capacité de production annuelle de 750 000 tonnes d’ammoniac et 1 million de tonnes d’engrais, l’installation sera établie dans le sud-est du Nigeria, où les fournisseurs de gaz ont été identifiés, a indiqué le dirigeant, sans donner toutefois plus de détails. Il a toutefois été précisé que l’ammoniac produit- un ingrédient essentiel dans la transformation du phosphate en engrais dérivés- sera exporté vers l’usine marocaine de Jorf Lasfar, tandis que le royaume chérifien fournira en contrepartie de l’acide phosphorique. OCP, qui fournit déjà plus de 90% de la demande en engrais du Nigéria, avait signé un protocole d’accord en juin 2018 pour la construction de l’usine avec le Sovereign Investment Authority du Nigéria.

Hydrocarbures : coup d’essai, coup de maître pour le Ghanéen Springfield E & P

Nommée l’une des entreprises les plus inspirantes du continent par la London Stock Exchange, la société ghanéenne Springfield Exploration & Production a affirmé être entrée dans l’histoire en devenant le premier groupe énergétique africain indépendant à découvrir du pétrole en eaux profondes (3 323 m), au large des côtes ghanéennes. L’annonce a été faite ce dimanche par son PDG Kevin Okyere, lors d’une interview au Financial Times. Les deux découvertes, qui devraient être précisées et officialisées dans les prochains jours, font suite à une campagne de forage entamée le 7 octobre, et totalisent 1,2 milliard de barils de brut (dont 30 à 35 % d’huile légère et récupérable) ainsi que des quantités de gaz naturel commercialement viable, dans le bloc West Cape Three Points Block 2 – opéré sans succès par le Texan Kosmos Energy et restitué aux autorités en 2016 après un long contentieux avec le gouvernement – qui, selon M. Okyere, sera plus important encore que le gisement de Jubilee. Si ces chiffres se confirment, ils pourraient considérablement booster la production pétrolière du Ghana, qui table sur 250 000 barils/jour en 2020, ce qui en ferait le 4e plus grand producteur d’Afrique subsaharienne. Springfield a déclaré avoir déjà eu des discussions avec des partenaires potentiels et ne pas exclure un appel public à l’épargne à Londres ou à New York afin de collecter des fonds pour le développement financier et technique du domaine.

Mines : AngloGold Ashanti suspend ses opérations aurifères en Guinée

Dans un communiqué rendu public ce vendredi 15 novembre, la direction générale de la SAG (Société aurifère de Guinée), filiale du groupe minier sud-africain AngloGold Ashanti, a annoncé l’arrêt de ses activités aurifères dans la préfecture de Siguiri. Une décision consécutive à la manifestation, ce même jour, des habitants de la localité de Fatoya, qui ont envahi le site, dressé des barricades et perturbé la production afin d’exiger le goudronnage d’une route, promesse aux populations locales que la SAG n’aurait pas honorée. Bien que la compagnie soit en pourparlers avec les chefs communautaires pour résoudre le conflit, il semble qu’elle ait décidé, sur instruction du siège, de cesser progressivement ses opérations minières à Siguiri, où les crises à répétition ont fini par constituer une menace aux personnes et aux biens. La suspension met fin à toutes les activités d’extraction, de sondage et de contrôle des sols, et gèle également les contrats de sous-traitance et de prestation. Seul un service minimum sera assuré dans chaque département, jusqu’à l’arrêt définitif des opérations de la mine, qui a produit 242 000 onces (6,9 tonnes) d’or en 2018.

Niger : bientôt 3 millions d’arbres vertueux à Niamey

C’est l’un des grands projets inscrits au calendrier de l’année 2020, discutés durant la session ordinaire du conseil de la délégation spéciale de la ville de Niamey au titre de l’année 2019, tenue du 12 au 15 novembre derniers. Dans le discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie de clôture, le maire central et président de cette délégation, M. Mouctar Mamoudou, a ainsi annoncé que les autorités niaméyennes prévoyaient de planter jusqu’à 3 millions d’arbres en 2020, au bénéfice sanitaire et social des populations. En effet, en plus de réduire la température ambiante et d’atténuer la pollution atmosphérique, ces espaces verts (dont arbres fruitiers et jardins maraîchers) permettront aussi de développer une agriculture urbaine et périurbaine pourvoyeuse d’emplois à destination des femmes et de la jeunesse. À la tête de la capitale nigérienne depuis un peu plus de 2 ans, Mouctar Mamoudou se distingue par le dynamisme avec lequel il met en œuvre le programme « Niamey Nyala » (Niamey la Coquette), dont il est également haut commissaire. À cet égard, il a été élu « Meilleur administrateur africain des collectivités locales » (Top 100 des maires) à l’occasion du PADEV (prix africain du développement, organisé par la Fondation 225), dont la 14e édition a eu lieu en août à Kigali.