Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana autour de la table pour obtenir un accord avec les négociants internationaux

Annoncée depuis la mi-juin, la réunion technique entre autorités nationales et opérateurs privés de la filière qui doit régler les détails de mise en œuvre d’un prix plancher de 2600 dollars/tonne, s’est ouverte ce mercredi 3 juillet 2019, à Abidjan.

Pour cette rencontre au sommet, les gendarmes ivoirien et ghanéen de la filière cacao, le Conseil café-cacao (CCC) et le Cocobod (Ghana Cocoa Board), auront pour principaux interlocuteurs négociants internationaux et multinationales (Cargill, Cémoi, Barry Callebaut, Mars Cocoa, Sucden…) et devront, ensemble, mettre en musique les modalités d’application du prix plancher exigé par la Côte d’Ivoire et le Ghana (2 600 dollars la tonne de cacao).

Yves Brahima Koné, le directeur général du CCC, tout en insistant sur le fait que l’enjeu est « d’apporter des réponses à la pauvreté des planteurs », se veut néanmoins pondéré lorsqu’il indique que « nous voulons un consensus ». Pour peser dans les négociations, les deux leaders de l’or brun (65 % des approvisionnements mondiaux) ont d’ores et déjà décidé de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » leurs ventes de fèves pour la campagne 2020-2021, qui commencera dans un peu plus d’un an. Reste à voir si à l’issue de cette rencontre, cette tentative des deux pays voisins de fixer leurs propres règles portera ses fruits. En 1988, le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny avait lui aussi tenté d’imposer ses conditions au marché international en gelant temporairement les exportations de fèves. Sans succès. Aujourd’hui cependant, ce sont les deux leaders mondiaux de la filière qui font front commun. Et en cas de réussite, les répercussions financières pour les planteurs pourraient s’avérer significatives : avec un prix au kilo équivalent à environ 1 000 francs CFA – contre 750 aujourd’hui –, le revenu associé croîtrait en théorie de plus de 30 %.