Le Rwanda envisage l’utilisation du méthane comme combustible

Déjà utilisé pour produire de l’électricité depuis 2015, le méthane du lac Kivu pourrait prochainement servir aussi de combustible à la cuisson dans les foyers du pays des Mille Collines.

C’est en tous les cas le souhait des autorités rwandaises qui, lors d’une réunion tenue mardi 19 novembre à Kigali avec des bailleurs de fonds et partenaires au développement, ont annoncé qu’elles allaient commander une étude sur les possibilités d’utilisation du méthane du lac Kivu pour les besoins de combustion ménagers. « Le gaz méthane ne fournit pas seulement de l’électricité, il peut également être utilisé à d’autres fins, telles que la cuisine. Mais nous avons besoin d’une étude de faisabilité pour cela et ceux qui peuvent mettre en œuvre le projet », a justifié Coletha Ruhamya, la directrice générale de l’Autorité de gestion de l’environnement du Rwanda (REMA), qui présentait à cette occasion le plan d’action rwandais de lutte contre le réchauffement climatique (le Rwanda a ratifié l’accord de Paris en 2016).

De fait, les besoins du pays sont immenses : selon le ministère rwandais de l’Environnement, 80 % de la population dépend encore du bois de chauffe pour la cuisson. Un mode de combustion qui, outre son impact négatif sur l’environnement (déforestation et effet de serre), provoque également des maladies respiratoires dues à la pollution de l’air. Le ministère de la Santé estime pour sa part que plus de trois millions de Rwandais – soit un quart de la population totale du pays – sont directement concernés par ce type de problèmes sanitaires et que 12 000 décès annuels seraient imputables à la mauvaise qualité de l’air.

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Pas étonnant dans ces conditions que les énergies propres constituent l’une des priorités du plan d’action rwandais. Outre la mise en place d’incitations fiscales spécifiques, le gouvernement a fait part de son intention d’installer 35 000 digesteurs de biogaz chaque année d’ici 2030, l’objectif étant que 100 % des ménages soient équipés d’un dispositif de « combustion ménager amélioré » à cette date. Une initiative pleinement approuvée par les bailleurs de fonds institutionnels. Stephen Rodrigues, le directeur pays du PNUD, a ainsi confirmé que son organisation « s’associe[ra] au gouvernement pour passer à des solutions de cuisson propres ». « L’effort vise à garantir que nous possédons l’expertise, la recherche et l’analyse permettant d’extraire correctement le méthane », a-t-il toutefois ajouté.