Les planteurs kenyans broient du (thé) noir

L’or vert a rarement aussi mal porté son nom : avec un prix moyen inférieur à 2 dollars le kilo, les cours ont atteint leur plus bas niveau depuis 2014, selon l’East African Tea Trade Association (EATTA), l’organisation faîtière représentant les intérêts de la filière dans la sous-région.

Dans la ville portuaire de Mombasa, l’un des plus grands marchés aux enchères du monde pour le thé, l’EATTA a indiqué vendredi que le prix moyen avait même chuté à 1,80 dollar le kilo au cours des dernières ventes hebdomadaires. Un prix plancher inquiétant pour la filière théicole du pays, premier exportateur mondial de thé noir (95 % de la production est vendue à l’international), qui constitue l’une l’une des principales sources de devises nationales avec le tourisme, les exportations de fleurs et les transferts de fonds de la diaspora.

Pour rappel, en 2018, le prix moyen du kilo de thé était estimé à 2,58 dollars, avec un coût de production évoluant autour de 2 dollars selon Edward Mudibo, le directeur général de l’EATTA, cité par Reuters.

Source : East African Tea Trade Association (EATTA)

Pour expliquer cette faiblesse des cours, ce dernier avance comme première cause la surabondance de l’offre actuelle due entre autres aux stocks résiduels de l’année précédente, le Kenya ayant connu en 2018 une récolte exceptionnelle. Autre raison invoquée : une demande mondiale en berne, les difficultés économiques rencontrées par les trois principaux importateurs de thé kenyan – Pakistan, Égypte, Grande-Bretagne – ayant également pesé sur les cours. Autant de facteurs conjoncturels qui confortent le reproche souvent formulé à l’encontre des producteurs kenyans, trop enclins à privilégier la quantité au détriment de la qualité. Pour le dirigeant de l’EATTA, au contraire « l’accent devrait maintenant être mis sur la qualité du thé plutôt que sur les volumes ». À bon entendeur ?