Pétrole : la Somalie solde son différend avec Shell et Exxon Mobil

Annoncée fin juin par le ministère somalien du Pétrole, la résolution du litige qui opposait les autorités de Mogadiscio à la co-entreprise détenue par Royal Dutch Shell et Exxon Mobil, au sujet du règlement de frais afférents à des licences d’exploration, a trouvé son épilogue.

Dans un communiqué publié vendredi 25 octobre, la SONNA, l’agence de presse nationale somalienne, a signalé que les deux majors avaient versé « 1,7 million de dollars à la Somalie pour la location de blocs offshore, pour une durée de 30 ans ». L’accord solde un différend ancien, lié aux redevances dues par la joint-venture entre 1990 et 2008 pour la licence d’exploration de cinq blocs offshore, et intervient alors que la Somalie poursuit ses efforts pour mettre en valeur son potentiel pétrolier.

Pour rappel, Shell et Exxon Mobil avaient créé au début des années 1990, peu avant la chute du régime de Mohamed Siad Barre, une entreprise commune destinée à explorer ces concessions offshore au large des côtes somaliennes. Un timing malheureux. Depuis, le pays a connu près de trois décennies de déchirements internes et d’interventions militaires étrangères infructueuses. De fait, un porte-parole de Shell, cité par l’agence Reuters, a tenu à préciser que « le paiement effectué concernait des charges passées et que les opérations sur les blocs restaient [pour l’heure, NDLR] suspendues ». Autre sujet d’inquiétude pour les ambitions pétrolières somaliennes, le litige qui oppose le pays au Kenya au sujet de la délimitation de leur frontière maritime, dans une zone potentiellement riche en hydrocarbures. L’affaire a été portée en septembre 2016 devant la Cour Internationale de Justice, la plus haute instance judiciaire des Nations unies, et attend toujours une résolution définitive.

Pas de quoi décourager cependant les autorités somaliennes, qui ont annoncé en février que 15 blocs couvrant 75 000 km2 seront mis aux enchères d’ici la fin de cette année, le pays visant l’extraction de ses premiers barils d’ici 2027.