Tanzanie : Barrick Gold prend définitivement le contrôle d’Acacia Mining

Pour le géant minier canadien, c’est la fin d’une longue bataille, remportée à l’arraché. Après deux ans de relations tendues avec la direction de sa filiale tanzanienne Acacia Mining et deux mois de manœuvres boursières, Barrick Gold est finalement parvenue à ses fins : prendre le contrôle total d’Acacia par le rachat des 36 % de son capital qu’il ne détenait pas encore.

Dans la foulée de la nouvelle offre de rachat, formulée le 19 juillet, le conseil d’administration d’Acacia Mining s’est de fait résolu à approuver les termes de son actionnaire majoritaire, qui détenait déjà une part significative du capital (64 %). Une victoire symbolique pour Barrick, qui s’est battu jusqu’à la dernière minute : les nouveaux termes de la transaction ont été annoncés quelques heures avant l’échéance réglementaire fixée pour que Barrick puisse soit faire une ultime offre ferme, soit se retirer complètement.

Pour rafler la mise, le Canadien a néanmoins dû sortir son chéquier. Outre une offre sensiblement améliorée (une prime de plus de 50 % par rapport à sa proposition initiale, en mai), la firme de Toronto s’est également engagée à verser un dividende spécial de 9 pence par titre aux actionnaires minoritaires d’Acacia, ce qui valorise au final l’ensemble de l’entreprise rachetée à 1,2 milliard de dollars. En ce sens, Barrick Gold a tenu compte des reproches formulés jusque-là par les détenteurs de titres Acacia, certains d’entre eux qualifiant de « ridicule » la première proposition de rachat du Canadien. Prenant acte de ce nouveau développement, le titre Acacia Mining a immédiatement bondi de 20 % à la bourse de Londres, sa meilleure performance journalière des 9 dernières années.


Cours d’Acacia Mining à la bourse de Londres : la réaction des marchés après l’annonce de l’accord
Source : Bloomberg

Cette bataille boursière remportée, la voie est désormais libre pour renouer les liens avec les autorités tanzaniennes, qui avaient infligé à Acacia Mining le plus gros redressement fiscal de l’histoire africaine – 190 milliards de dollars (!), réduit par la suite à… 300 millions de dollars – et bloqué ses exportations d’or. Une situation de blocage qui avait abouti au refus de l’État tanzanien de traiter avec la direction d’Acacia, et poussé Barrick Gold à lancer son offre de rachat sur l’entreprise pour devenir le seul interlocuteur autorisé.

« Nous félicitons les deux parties pour l’accord mutuel conclu et attendrons avec impatience la communication officielle de Barrick pour tracer la voie à suivre », a pour sa part déclaré le porte-parole du gouvernement tanzanien, Hassan Abbasi, peu après l’annonce de rachat d’Acacia Mining.