Réchauffement climatique : le cacao dans la ligne de mire (Partie 3)

Politique de la terre brûlée

« Nous sommes dans la région cacaoyère de Côte d’Ivoire. Sur les collines et vallées qui entourent Monogaga, le moindre mètre carré de terre fertile est semé de cacaoyers. La vallée où nous nous trouvons abritait jadis une forêt très dense, mais la plupart des arbres ont été abattus pour laisser la place aux cacaoyers. Ceux qui subsistent sont dépourvus de feuilles. Les villageois les ont privés de racines en mettant le feu à leur base, et ce pour que la richesse du sol profite en exclusivité à leurs cacaoyers. Résultat : une macabre forêt d’arbres morts couleur cendre. » (Africa United, Steve Bloomfield)

Avec un couvert forestier estimé à 37 % du territoire national en 1960 (16 millions d’hectares) et réduit à moins de 5 % aujourd’hui (à peine 2 millions d’hectares selon le ministère des Eaux et forêts ivoirien), la Côte d’Ivoire enregistre le triste record de l’un des taux de déforestation les plus rapides au monde. Véritable cas d’école, le pays a perdu plus de 80 % de sa forêt originelle en moins de six décennies. Une situation en grande partie imputable aux activités anthropiques, notamment l’agriculture extensive basée sur l’abattis brûlis itinérant.


Source : BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement) in. « La Déforestation amère du chocolat », Mighty Earth, 2016.

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