Réchauffement climatique : le cacao dans la ligne de mire (Partie 4)

Back to the roots ou comment ramener le cacao dans son éco-système d’origine.

Néanmoins, que ce soit au niveau de l’État ou des industriels, les initiatives de développement durable engagées depuis maintenant plusieurs années n’ont pas produit de changement significatif à l’échelle de la filière, qui reste encore caractérisée par une grande désorganisation et de nombreux dysfonctionnements. C’est un fait, le cacao, particulièrement ivoirien, n’est pas au mieux de sa forme. Vieillissement des vergers et de ceux qui les entretiennent ; pressions d’ordre social, économique et environnemental pesant sur les planteurs et menant invariablement à un déclin de la productivité et de la qualité ; manque d’encadrement et d’accompagnement ; désintérêt croissant pour une culture jugée pénible et ingrate, abandonnée au profit d’autres, plus gratifiantes comme l’hévéa ou le palmier à huile ; accélération prévue du renouvellement des vergers surannés ou touchés par le swollen-shoot… Si l’on ajoute à cela la menace du réchauffement climatique, il n’y a pas de quoi voir l’avenir des fèves brunes en rose.

Néanmoins, depuis quelque temps, le développement du cacao sous ombrage comme remède à une partie de ces maux semble faire son chemin auprès des États, des chercheurs et des chocolatiers. Cette méthode culturale apparaît en tout cas comme la meilleure stratégie d’adaptation au changement climatique. L’idée ? Arrêter la culture de plein soleil (plus de 65 % du parc cacaoyer ivoirien) et ramener le cacao dans son écosystème d’origine, c’est-à-dire sous couvert forestier, puisque cet arbre de sous-bois pousse naturellement sous la canopée. En d’autres termes, cultiver le cacao en agroforesterie, soit un système « climate smart » permettant aux agriculteurs de diversifier leurs sources de revenus et aux chocolatiers d’assurer la pérennité de leur approvisionnement en fèves.

Source : « La Déforestation amère du chocolat », Mighty Earth, 2016.

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