Lagos bientôt dotée d’une bourse des matières premières

Quatrième place financière du continent par sa capitalisation boursière (40 milliards de dollars), Lagos est en passe de se doter d’une bourse des matières premières. Une initiative qui risque de mettre encore plus à mal son homologue d’Abuja.

Après avoir effectué un exercice de simulation le 15 novembre, l’Association of Securities Dealing Houses of Nigeria (ASHON), qui regroupe les firmes de courtage du pays, a confirmé le lancement « d’ici fin novembre » d’une plateforme dédiée spécifiquement au négoce des matières premières. Une initiative que la plupart des analystes interrogés expliquent par la volonté des courtiers de la place nigériane de diversifier leurs sources de revenus, l’activité des valeurs mobilières traditionnelles (actions, obligations) étant en berne depuis l’éclatement de la bulle pétrolière en 2014. De fait, avec un indice boursier (le NSE All-Share Index) en baisse de 17 % depuis le début de l’année, le président de l’ASHON, Onyewechukwu Ezeagu, a concédé début novembre que la situation était « assez difficile ».

Évolution de l’indice boursier de Lagos sur un an : un marché en berne…
Source : Bloomberg

Dénommée Lagos Commodities and Futures Exchange (LCFE), la nouvelle bourse cotera une dizaine de produits agricoles, dont le maïs, le mil, le sésame et le sorgho. L’association a par ailleurs indiqué que pétrole et gaz seront échangés, ainsi que les devises. Évoqué récemment par l’agence d’information financière Bloomberg, le projet d’établir une bourse des matières premières à Lagos a reçu dès juin son approbation de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur financier nigérian, et sera piloté par Akinsola Akeredolu-Ale.

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La démarche suscite néanmoins la perplexité de nombre d’observateurs, qui rappellent que le pays dispose déjà d’une bourse dédiée aux produits agricoles à Abuja, l’Abuja Securities and Commodities Exchange. Lancée en 1998, celle-ci n’a jamais vraiment décollé, l’activité de marché restant anecdotique. La future LCFE, qui sera en concurrence directe avec son homologue d’Abuja, fera-t-elle mieux ? Conscient du défi à relever, Akeredolu-Ale a pour sa part prévenu que « l’activité de négoce sera faible au cours des deux premières années ».