Rachat d’Anadarko par Total : Alger veut son mot à dire

Pour défendre les intérêts nationaux, les autorités algériennes ont prévenu qu’elles pourraient être amenées à empêcher le rachat des actifs algériens d’Anadarko par le Français Total…

Annoncée début mai, la reprise des actifs africains d’Anadarko par Total pourrait s’avérer plus compliquée que prévu, notamment en Algérie. C’est ce qu’a laissé entendre le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, ce dimanche 26 mai. Interrogé sur l’acquisition par Total des actifs de la compagnie américaine en Algérie, en marge de la cérémonie de prise de fonctions du nouveau PDG de Sonelgaz, Boulakhras Chaher, le ministre a fait savoir qu’« une correspondance a été adressée au groupe Anadarko à ce sujet, sans recevoir de réponse de sa part […], ce qui signifie pour nous qu’aucun accord n’a été conclu entre ces deux parties ». Dans la foulée, le dirigeant politique a averti que si l’accord était confirmé, le gouvernement userait alors « […] de tous les moyens juridiques pour préserver l’intérêt de Sonatrach [l’entreprise pétrolière publique algérienne – NDLR] et celui de l’Algérie en général ». Des propos comminatoires sur lesquels le ministre est en partie revenu lundi, lorsqu’il a indiqué, sur un mode plus conciliant, que « la Sonatrach cherchera[it] un bon compromis »,avant de conclure que celle-ci « […] doit entretenir de bonnes relations avec des partenaires étrangers pour développer ses programmes ».

Pour rappel, le groupe français Total avait annoncé le 5 mai la signature d’un accord avec l’Américain Occidental Petroleum, afin de racheter tous les actifs pétroliers et gaziers d’Anadarko en Afrique – dont ceux situés en Algérie pour 8,8 milliards de dollars. « Si elle se réalise, l’acquisition d’Anadarko par Occidental nous offre l’opportunité d’acquérir un portefeuille d’actifs de classe mondiale en Afrique, ce qui renforcerait notre position de leader parmi les sociétés privées internationales sur le continent », faisait alors valoir Patrick Pouyanné, le PDG de Total, dans le communiqué de presse annonçant l’accord. Reste désormais à savoir si celui-ci aboutira.