Total reprend les actifs africains d’Anadarko.

Dans la bataille qui a fait rage entre les géants américains Chevron et Occidental Petroleum pour le rachat d’Anadarko, un grand gagnant français : Total, qui va reprendre les actifs africains de la firme acquise.

En annonçant jeudi 9 mai qu’il ne relèverait pas son offre de 33 milliards sur Anadarko, Chevron laisse en effet le champ libre à Total pour renforcer significativement son portefeuille d’actifs africains. La major française a confirmé le 5 mai au soir l’existence d’un accord sous condition avec Occidental Petroleum (Oxy), qui lui permettrait, si son partenaire américain remportait la mise, de mettre la main sur les actifs d’Anadarko en Afrique pour 8,8 milliards de dollars. Dans le communiqué de presse annonçant l’accord sous condition avec Oxy, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, notait ainsi que « si elle se réalise, l’acquisition d’Anadarko par Occidental nous offre l’opportunité d’acquérir un portefeuille d’actifs de classe mondiale en Afrique, ce qui renforcerait notre position de leader parmi les sociétés privées internationales sur le continent ». Dans le cadre de sa proposition de rachat, Occidental avait de fait prévu de vendre jusqu’à 15 milliards de dollars d’actifs d’Anadarko afin de financer l’opération, dont ses opérations africaines à son allié français de circonstance. C’est désormais chose faite et Total signe ainsi sa plus grande acquisition depuis le rachat d’Elf en 1999.  

La finalisation de la transaction entre Occidental et Total devrait avoir lieu en 2020. L’ensemble des actifs visés par Total, à 70 % du gaz, représente environ 1,2 milliard de barils de réserves prouvées et probables auxquels devraient se rajouter, à plus long terme, deux milliards de barils de ressources de gaz naturel au Mozambique. De quoi augmenter sensiblement le portefeuille africain du groupe français, déjà significatif : Total produit actuellement en Afrique autour de 700 000 barils par jour (le quart de sa production mondiale en 2018), mais essentiellement sous forme de pétrole liquide, et non de gaz.