Engrais : l’Éthiopie prête à une joint-venture pour achever le complexe Yayu

Las des faibles avancées du projet d’usine d’engrais de Yayu, confié au conglomérat public militaro-industriel Metals & Engineering Corporation (Metec), le gouvernement éthiopien s’est résolu à ouvrir un appel d’offres international pour établir une joint-venture en vue d’achever ce complexe industriel.

Les autorités du pays ont confirmé avoir reçu plusieurs propositions provenant de sociétés européennes et asiatiques, pour l’heure non identifiées. Une annonce qui laisse à penser que l’Office chérifien des phosphates (OCP) – le géant marocain de l’engrais – serait hors-jeu alors qu’il avait été jusque-là présenté comme un possible prétendant. Beyene Gebremeskel, le ministre en charge des Entreprises publiques, a pour sa part tenu à préciser que cet appel d’offres était « un partenariat et non une vente », l’État recherchant en premier lieu un appui financier et technique pour mener à terme ce projet. Outre l’usine d’engrais, le complexe, situé dans la région d’Oromia, devrait par ailleurs comprendre une mine de charbon et une centrale thermique de 90 mégawatts.

En rouge, la région d’Oromia (Éthiopie)
Crédit : TUBS

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Initialement attribué en 2012 à la Metec, un groupe public affilié à l’armée éthiopienne et aujourd’hui soupçonné de mauvaise gestion des derniers publics, le projet Yayu a souffert de multiples retards : selon le ministère des Entreprises publiques, moins de la moitié des travaux prévus ont été achevés. Cité par l’agence Bloomberg, le directeur général de la Metec, Ahmed Hamza, s’est toutefois défendu en rappelant que les travaux de construction du complexe avaient été sous-traités à d’autres sociétés « Les plans de base du complexe ne répondent pas aux normes requises et l’usine d’engrais n’est pas opérationnelle. La centrale construite par la compagnie chinoise Ruuh Power Corp ne reçoit pas de charbon », a ainsi déploré le dirigeant. Une situation qui ne devrait pas ramener à de meilleurs sentiments le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, plutôt méfiant à l’égard de cette entreprise contrôlée par l’armée. Engagé depuis son arrivée au pouvoir, en 2018,à mener les réformes économiques indispensables, il a d’ores et déjà retiré à la Metec la gestion de plusieurs projets.