Zambie : le ministre des Finances reconnaît des dettes auprès des miniers

En conflit ouvert avec les opérateurs du secteur minier depuis qu’il a mis en place, en juillet, un nouvel impôt destiné à remplacer la TVA, le gouvernement zambien doit plus de 200 millions de dollars d’arriérés de paiement aux sociétés minières.

Interpellé au Parlement ce jeudi 10 octobre sur la question des dettes contractées par l’État, le ministre des Finances, Bwalya Ng’andu, a expliqué que ce dernier devait, au 30 juin, 2 834 milliards de kwachas (215 millions de dollars) aux entreprises minières locales, en défraiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Le responsable politique, cité par l’agence Reuters, a par ailleurs spécifié que les sociétés concernées réclamaient 4 955 milliards de kwachas supplémentaires (375 millions de dollars) mais « sans fournir de preuves adéquates ». Pour rappel, le gouvernement zambien a gelé depuis décembre tous les remboursements d’impôts dus aux compagnies minières1 au motif que celles-ci lui devraient également de l’argent. « Lorsque nous calculons ce que nous devons aux sociétés minières par rapport à ce qui leur est dû, nous constatons qu’elles nous doivent davantage », précisait ainsi en janvier le Commissaire général de la Zambia Revenue Authority, Kingsley Chanda.

1 La TVA, fixée jusqu’alors à 16 %, est remboursable pour les entreprises exportatrices.

Une chose est sûre : ce nouvel épisode de friction n’est pas de nature à apaiser les relations, déjà tendues, entre les autorités du pays et les grandes firmes de la filière. Le ministre a toutefois ajouté que « le gouvernement envisag[eait] de rencontrer les sociétés minières concernées et de convenir du mode de paiement des remboursements en suspens ». Deuxième producteur de cuivre du continent après la RDC, la Zambie tire 70 % de ses recettes d’exportation du métal rouge.

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